Henri Etcheto, Les Scipions. Famille et pouvoir à Rome à l’époque républicaine, Bordeaux, 2012.

Henri Etcheto, Les Scipions. Famille et pouvoir à Rome à l’époque républicaine, Bordeaux, 2012.

 

 

 

Présentation de l’éditeur : 

Issu de la vaste gens Cornelia, le lignage des Scipions s’affirma entre le IVe et le IIIe siècle a.C., notamment à travers des usages onomastiques et sépulcraux spécifiques qui contribuèrent à le distinguer désormais de la structure gentilice antérieure, en même temps qu’ils forgeaient une identité familiale puissante, fédératrice et durable qui inscrivait ses membres dans la solidarité et la continuité sur plusieurs générations. Occupant une position de premier plan au sein de la société aristocratique romaine au temps des guerres puniques, les Scipions livrent ainsi un exemple familial remarquable de l’expression sociale des valeurs, des stratégies et des mentalités de la “meilleure” nobilitas d’époque médio-républicaine.

L’idéal social de la noblesse romaine était fondamentalement défini par la participation à l’exercice du pouvoir et à la politique. Les Scipions en offrent un exemple achevé qui révèle également l’importance de la structure familiale dans la vie publique romaine. L’implication précoce et constante des Scipions en faveur de l’extension de la puissance romaine contribua ainsi largement à renforcer l’identité familiale et à conforter l’influence sociale et politique des représentants de la famille. Mais au cours du IIe siècle a.C., la cohésion lignagère s’effrita lentement et les rivalités et les dissensions familiales finirent par l’emporter sur la solidarité qui avait jusque-là prévalu, précipitant alors le déclin social et politique de la maison des Scipions.

 

Originated from the vast Cornelia gens, the lineage of the Scipios asserted itself between the fourth and the third century B.C., especially through onomastic and sepulchral specific behaviours that contributed to distinguish them from precedent gentilician structure, as they built a powerful, unifiying and durable family identity placing its members in solidarity and continuity over several generations. Occupying a leading position in the Roman aristocratic society in the Punic wars age, the Scipios show a remarkable family example of the expression of social values, strategies and mentalities of the “best” nobilitas of the Mid-Republican period.
The social ideal of Roman nobility was essentially defined by participating in governance and politics. The Scipios offer an accomplished example of it, pointing out the importance of family structure in Roman public life. The early and constant implication of the Scipios in the extension of Roman power contributed significantly to strengthen the family identity and to enhance the social and political influence of the family members. However, during the second century, cohesion lineage slowly crumbled away, and rivalries and dissensions eventually outweighed the familial solidarity that had previously prevailed, precipitating then the social and political decline of the Scipionic House.

 

Sommaire : 

Avant-propos : p. 9
Introduction : p. 11
Préambule. Les Cornelii Scipiones : de la gens au lignage : p. 15
L’arrière-plan gentilice des Scipions : la gens Cornelia : p. 15
Le mirage de la solidarité gentilice à l’époque historique : le cas des Cornelii : p. 16
Le nouveau cadre de la noblesse médio-républicaine : la famille lignagère : p. 19
La génération de Scipion Barbatus et l’éclosion du lignage des Scipions : p. 21

 

1. Nobilissima familia

 

Stratégies et valeurs sociales d’un archétype nobiliaire
I – Nomen Scipionum
L’expression onomastique de l’identité et de la continuité familiales : p. 25
L’apparition et la fixation du cognomen Scipionum aux ive et iiie siècles : p. 26
L’usage ostentatoire du cognomen Scipionum : p. 28
Un cognomen emblématique : les Scipions et le scipio : p. 34
L’usage préférentiel du cognomen : p. 35
L’usage lignager des praenomina : p. 36
L’orgueil lignager : l’amplification de la filiation dans la formule onomastique : p. 39

 

II – Progeniem genere
Des stratégies socio-démographiques au service de la perpétuation lignagère : p. 41
La périlleuse problématique de la démographie aristocratique : entre extinction et dilution lignagères : p. 41
Les Scipions et la “démographie différentielle” : p. 44
La mortalité masculine chez les Scipions : une espérance de vie plus élevée qu’attendue : p. 49
Les choix socio-démographiques des Scipions : des mariages précoces : p. 51
Les choix socio-démographiques des Scipions : une natalité régulée : p. 52
Les détours de la continuité lignagère : adoption et lignée féminine : p. 54
Réconcilier le nomen et le genus : l’adoption et le mariage de Scipion Émilien : p. 57
Les choix matrimoniaux des Scipions : perverse and self-conscious snobbery ? : p. 59

 

III – Stirpem nobilitavit honor
L’ethos familial des Scipions : la réussite politique comme horizon social : p. 63
L’idéal accompli : la réussite politique exceptionnelle des Scipions : p. 63
L’idéal contrarié : le discours de l’excuse : p. 69
Virtutes generis : l’atavisme comme justification sociale : p. 73
La valorisation politique d’un riche capital social et symbolique : la mémoire lignagère des Scipions et sa publicité : p. 77
Nobilissima familia : le souci de l’excellence et de la distinction sociales : p. 82

 

2. Le “Siècle des Scipions” ?

 

La continuité familiale à l’épreuve du pouvoir

 

I – Caput imperii
Les Scipions promoteurs de l’impérialisme romain ? : p. 87
L’impérialisme romain au temps des Scipions : p. 87
Southern lobby ? : la politique méridionale et méditerranéenne des Scipions au iiie siècle : p. 90
Les Scipions et la frontière gauloise : un intérêt modéré : p. 92
Les Scipions et l’Espagne : une “affaire de famille” : p. 93
La “politique mondiale” de Scipion l’Africain : p. 96
Un héritage disloqué : Scipion Émilien, les Scipiones Nasicaeet la politique étrangère de Rome au milieu du iie siècle : p. 97
La maturation d’une culture et d’une idéologie impériales : les Scipions et “l’empire du monde” : p. 99

 

II – Magnus agmen amicorum clientiumque
Réseaux de fidélités, continuité familiale et exercice du pouvoir : p. 105
Le caractère patrimonial et héréditaire des liens de “fidélité” : p. 105
Les Scipions et les Italiens : un clientélisme d’origine militaire : p. 107
Les Scipions et la question italienne : la diffusion du droit de cité et ses enjeux politiques au début du iie siècle : p. 110
Les Italiens entre les Gracques et les Scipions : p. 114
Les Scipions et les milieux d’argent : p. 116

 

III – Primus Caesarum
Un césarisme avant la lettre ? Le principat impossible des Scipions : p. 121
Regnum in senatu : les Scipions entre suspicions et tentations monarchiques : p. 121
Favor populi : les Scipions et le peuple contre l’oligarchie ? : p. 125
Nomen fatale : le thème politique du charisme familial : p. 128
Hellénisme et culture politique à Rome à l’époque médio-républicaine : les sources d’une inspiration politique familiale : p. 131

 

IV – Infausta suboles
Les infortunes familiales et le déclin des Scipions : p. 137
Génération défaillante ou génération sacrifiée ? Le retrait des Scipions entre les deux Africains : p. 137
La singularisation identitaire d’un sous-lignage : le “Siècle” des Scipiones Nasicae : p. 140
Une famille morcelée : l’esseulement d’Émilien dans la maison des Scipions : p. 143
Une mémoire lignagère en déshérence : l’incertaine identité familiale de Metellus Scipion : p. 146
De la mémoire familiale à la mémoire commune : p. 148
Le “Siècle des Scipions” : p. 149
Conclusion : p. 153
Annexe 1. Catalogue prosopographique : p. 157

 

Annexe 2. Tableaux généalogiques
Tableau 1. Généalogie hypothétique des Scipions au ive siècle a.C. : p. 195
Tableau 2. Les Cornelii Scipiones issus de Scipion Barbatus : p. 196
Tableau 3. Variantes généalogiques chez les Scipiones Hispalli/Hispani : p. 197
Tableau 4. Les alliances matrimoniales et adoptives des Scipions au iie siècle a.C. : p. 198
Tableau 5. Les alliances matrimoniales et adoptives des Scipions à la fin de la République : p. 199

 

Annexe 3. Le patrimoine des Scipions : p. 201

 

Annexe 4. Le tombeau et les épitaphes des Scipions : p. 209
Le tombeau des Scipions : de l’oubli à la découverte : p. 209
Le tombeau : chronologie et morphologie : p. 215
Les sarcophages : typologie, distribution et chronologie des dépositions : p. 223
Les épitaphes : p. 225

 

Annexe 5. Iconographie : les représentations figurées anciennes des Scipions : p. 261
Série des portraits chauves dits de “Scipion l’Africain” : p. 261
Denier de Cn. Cornelius Blasio : p. 263
Série des effigies monétaires de Carthagène, de Canusium et de Numidie : p. 266
Anneau sigillaire portant l’effigie présumée de Scipion l’Africain : p. 268
La tête masculine d’Erbach : p. 270
Les têtes du tombeau des Scipions et le “pseudo-Ennius” : p. 271
Les statues monumentales de la façade du tombeau des Scipions : p. 274
Le “souverain hellénistique” du Musée des Thermes : p. 278
La statue de Cornélie in porticu Metelli : p. 282
L’Aristogiton du Capitole : p. 287
Portrait des monnaies de Calagurris Nasica : p. 289
Effigie monétaire de P. Scipio (n° 45) : p. 290
Notes : p. 291
Sources et Bibliographie : p. 437
Index général : p. 459
Index des personnages : p. 463
Table des figures : p. 475

 

 

Le compte-rendu à lire dans Bryn Mawr ici.

Le sommaire et l’introduction sont lisibles sur le compte Academia de l’auteur, ici.


Le site de l’éditeur : http://ausoniuseditions.u-bordeaux3.fr/collections/scripta/antiqua

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